Chapelle Notre-Dame-de-Lorette

En sortant de ce petit édifice, il n’est pas interdit d’emprunter l’étroite allée, conduisant vers la deuxième partie du parc et qui longe le mur soutènement de la rue Minard. C’est dans cette allée, sans doute que se déroula la scène décrite par E. Renan dans « Souvenirs de jeunesse ». Assis sur un banc et plongé dans la lecture de quelque ouvrage, il fut interpellé assez rudement par un de ses maîtres sulpiciens (dont, par ailleurs, il dit le plus grand bien) : M. Pinault, qui lui fit prendre conscience de l’inanité de sa vocation. E. Renan, parlant de ce parc, déclare : « il a été, après la cathédrale de Tréguier, le second berceau de ma pensée ». Franchissant le tunnel (dont le sol a été surélevé au siècle dernier) nous pénétrons dans la deuxième partie du parc, rachetée en 1811, par M. Emery, quelques mois avant sa mort. Au fond, entre les arbres, on aperçoit la façade baroque de la chapelle Notre Dame de Lorette, qui joua un si grand rôle dans la vie de M. Olier et dans l’histoire de la Compagnie.

Autrefois, l’édifice religieux se dressait seul au milieu de la végétation. Mais là les apparences, risquent de nous tromper : la chapelle que l’on aperçoit n’est plus celle qui fut construite au XVIIème, sur le modèle de la « Santa Casa » de Lorette en Italie. En 1871, la Commune parisienne avait établi, dans le Séminaire, un de ses quartiers-généraux, qui fut bombardé par l’armée versaillaise. Un obus incendiaire détruisit Notre Dame de Lorette, laissant subsister, uniquement, un pan de mur, orné d’un vitrail de l’époque, signé Lavergne. Le calme revenu, on reconstruisit le monument à l’identique. C’est devant l’afflux des vocations, au début du siècle, qu’on décida de bâtir le séminaire des « Philosophes » (les deux premières années), autour de la chapelle, qui en occupe, désormais le centre. Dans la crypte, reposent les corps du cardinal de Bérulle et du séminariste Paul Seigneuret. Bossuet, Fénelon, la famille de Louis XV aimaient se recueillir en cet endroit et, lors des vacances, tout le séminaire – professeurs, élèves – venait y réciter l’Angelus.

Suite de la visite : la solitude.